Témoignage d’une mère de famille nombreuse à l’épreuve du handicap de ses enfants

février 2026

Témoignage d’une mère de famille nombreuse à l’épreuve du handicap de ses enfants

Quand nous avons découvert que notre 3ème enfant semblait souffrir du même handicap que sa sœur, une hémiplégie congénitale infantile, nous avons été plongés dans une profonde détresse d’autant que les médecins nous avaient dit que ce genre d’accident ne se reproduisait pas dans une fratrie.

Notre première prière fut : « Mon Dieu, faites que ce ne soit pas vrai, faites que nous nous trompions et que notre garçon soit en parfaite santé, sauvez-nous, faites un miracle ! »

Puis progressivement, nous nous sommes rendus à l’évidence, nous avions un deuxième enfant handicapé. L’énormité de notre tâche pour favoriser leur plein développement (kiné, orthophonie, ergothérapie, pose d’attelle, innombrables rendez-vous médicaux)  pouvait nous enfoncer dans la dépression. C’est notre foi, je pense, avec l’amour inconditionnel pour nos enfants, qui nous a permis de choisir d’aller de l’avant, d’y consacrer toutes nos forces de parents, de croire que la joie de la vie était encore possible pour eux et pour nous.

A ce moment-là, ma prière devint : « Seigneur, donnez-nous la force de ne pas abandonner, donnez-nous le patience, aidez-nous à surmonter les agacements , les découragements, aidez-nous à prendre les bonnes décisions ». Et cette demande de secours s’est ancrée également dans le quotidien, et plus prosaïquement, je l’avoue : « Faites, Seigneur, que je trouve une place de parking pas trop éloignée de l’école pour que mon fils ne se fatigue pas trop en marchant » ou bien « Que ma fille n’ait pas de crise d’épilepsie le jour de la rentrée car elle pourrait être renvoyée de cette école ». Et, souvent, ces prières-là ont été exaucées ; peu à peu, malgré les rebuffades ou même les brimades subies par eux ou par nous (on parle des mentalités d’il y a 25 ans).

Puis mon attitude dans la prière a évolué avec l’âge des enfants. Quand ils étaient encore petits, si les choses se passaient mal pour eux, je pensais que je n’avais pas assez prié, comme si la prière était le fil qui permettait à Dieu de les manipuler d’en haut ; puis j’ai appris à lâcher prise, ma prière fut davantage celle-ci : « Seigneur, prenez soin de vos fragiles créatures, je ne les abandonne pas mais je les confie à votre suprême vigilance ».

D’autre part, nous avons compris que l’espérance chrétienne demandait aussi du temps long et que notre prière ne serait agissante que si nous prenions l’initiative de construire un parcours avec nos enfants, malgré les embûches du handicap, en allant frapper aux portes, en s’appuyant sur nos amis qui se sont révélés des intercesseurs extrêmement précieux, nous aidant à briser la bulle de verre que constituent souvent la malchance et le sentiment de faute qu’elle suscite.

Enfin, la gratitude a également habité notre prière. On est porté d’autant mieux au remerciement que ce qui arrive de bon est perçu comme un pur bienfait qui ne résulte pas d’un destin tout tracé par les forces personnelles d’un enfant bien doté par la nature. Certes, il n’y a pas eu de miracle, mais des clins d’œil de la providence, des conjonctions d’événements favorables et je pense la prière de notre famille, des amis, l’intercession de nos parents décédés, qui nous aident jour après jour, à rester positifs.

Brigitte, épouse de François

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