Agir pour le désarmement
mars 2026

Depuis quelques temps, les annonces d’une guerre imminente en Europe se succèdent. La seule solution pour y faire face serait de s’armer plus encore. Des discours qui alimentent la peur et le repli sur soi. Or il est possible d’agir pour le désarmement ici et maintenant.
Lors de la création de l’ONU au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les rédacteurs de la Charte avaient bien posé les enjeux pour éviter un retour de la barbarie (article 26) : « Afin de favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde […] ». Or, les membres permanents du Conseil de sécurité — dont la France — chargés « d’établir un système de réglementation des armements » sont les principaux producteurs et exportateurs d’armements, en plus de s’être autorisés à posséder l’arme nucléaire, tout en empêchant les autres États de l’obtenir à travers le Traité de non-prolifération (TNP).
C’est autour de ce paradoxe que nous créons au printemps 1984 à trois personnes — Bruno Barrillot, Jean-Luc Thierry et Patrice Bouveret — le Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits (CDRPC) — qui prendra le nom en 2008 d’ Observatoire des armements.
La guerre est le résultat d’une construction politique et sociale. La seule façon de l’éviter, ce n’est pas en la préparant, selon l’adage utilisé ad nauseam par trop des responsables politiques et médiatiques, mais en agissant contre la prédation et la compétition tous azimuts, pour entrer dans une logique de coopération, de diplomatie et de justice, sans laquelle il ne peut y avoir de paix.
C’est pourquoi notre premier objectif est de rendre visible la préparation de la guerre et d’ouvrir le débat au sein de la société, car c’est au nom de chacun d’entre nous et avec notre complicité que la France est devenue le second exportateur mondial d’armement ; chaque fois que nous mettons notre bulletin de vote dans l’urne, nous déléguons notamment au Président de la République la légitimité démocratique de déclencher le feu nucléaire.
Toutes les avancées en matière de désarmement ont été obtenues par la mobilisation citoyenne, que ce soit l’interdiction de certaines armes comme les mines antipersonnel ou les bombes à sous-munitions. Idem au niveau de la bombe atomique avec l’arrêt des explosions nucléaires et le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).
Patrice Bouveret, co-fondateur
Pour en savoir plus sur l’Observatoire des armements, cliquez ici !
