Conflits internationaux et conversion intérieure

mars 2026

« Prions pour que les nations s’engagent résolument sur le chemin d’un désarmement effectif, en particulier nucléaire, et pour que les dirigeants du monde choisissent le dialogue et la diplomatie, plutôt que la violence. »

 

Face à la violence des conflits, choisir personnellement le chemins exigeant de la conversion intérieure

Depuis Hiroshima et Nagasaki, le risque nucléaire a longtemps été contenu — paradoxalement — par sa démesure même. L’arme atomique ne se confondait pas avec les autres : elle relevait de l’« apocalyptique », impensable en dehors d’une situation extrême de survie nationale. Son caractère absolu la rendait, en pratique, presque inutilisable.

Aujourd’hui, cette barrière morale s’est fissurée. La prolifération nucléaire, la diversification des puissances de frappe — des plus destructrices aux plus « chirurgicales » — et la sophistication générale des armements ont conduit certains stratèges à envisager l’usage de l’arme nucléaire comme un risque jugé « raisonnable ». Dès lors, une question s’impose : comment promouvoir le désarmement quand l’impensable devient pensable ?

Face à une arme toujours terrible mais désormais perçue comme utilisable, la réponse ne peut plus venir seulement de la dissuasion extérieure. Elle touche au cœur de l’homme, lieu ultime où se décide la violence ou sa retenue. C’est là que se joue, depuis toujours, la régulation la plus profonde de la destruction. Mais ce travail demande du temps — le temps long du cœur humain.

Deux voies s’ouvrent alors : l’éducation et la qualité des relations. Éduquer à la gestion des conflits, à la réconciliation, à l’esprit d’entente. Développer une véritable culture de la parole, notamment dans les sphères politiques, car la violence recule là où l’on accepte de se parler librement et loyalement.

Nous savons pourtant combien ces chemins sont lents et exigeants. La béatitude — « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » — révèle l’ampleur du chemin intérieur à parcourir pour laisser naître en nous cette filiation.

C’est pourquoi, surtout en ces temps de tensions et de conflits ouverts par l’agression américaine de l’Iran, la voie la plus directe qui nous est donnée demeure la prière : vécue, partagée et offerte. En ce temps de Carême, dans notre pauvreté commune, prions avec confiance le Père de toute bonté, afin qu’il transforme les cœurs et ouvre des chemins de paix, là où la violence semble vouloir s’imposer.

Jean Luc Fabre sj., directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape France

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