Pour une alimentation pour tous : Semaine 2
mai 2026
PARCOURS BIBLIQUE : SEMAINE 2
« En mai, nous prions pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. »
Le miracle du partage qui multiplie
Faire mienne la question de l’indigence de l’autre
SEMAINE 2 : du 11 au 17 mai 2026
Dans cette 2ème étape, nous allons voir comment le Christ se saisit des besoins de la foule qui l’entoure. Nous remarquons que celui que la situation préoccupe le plus c’est bien le Christ. Il voit le manque et il se décide à s’intéresser à ce qui est le plus concret en ce moment : ils ont faim.
Jean 6, 5-7
05 Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »
06 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
07 Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Jésus ne voit pas la foule en « perturbateurs » de sa quiétude (« il gravit la montagne et s’assit avec ses disciples[1] »? la foule l’a néanmoins repéré), mais les personnes sont pour lui des sœurs et des frères en humanité, susceptibles de défaillir à cause de la faim. Cette semaine je propose que nous nous arrêtions un peu sur le dialogue entre Jésus et Philippe.
La question de Jésus ? Nous la connaissons tous : « Où achèterons-nous des pains pour qu’ils aient de quoi manger ? ». L’évangéliste nous prévient que cette question est posée en vue de mettre le disciple à l’épreuve. Parfois, nous voyons les misères de ce monde et comme Philippe, en ne comptant que sur nos propres forces, nous répondons : « deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun reçoive un petit morceau ».
Tout comme Philippe, nous pouvons nous limiter à ce qui fait notre espoir ou nos habitudes. Entre la question de Jésus et la réponse du disciple, l’évangéliste nous annonce l’espérance : « il savait ce qu’il allait faire ». Dans ces deux versets, face à la misère croissante du monde, nous pouvons oser passer de l’espoir à l’Espérance ( en passant aussi, comme Philippe, par le désespoir). L’espoir de Philippe c’est ce que la force humaine est capable de faire (sans compter sur ce que le Christ peut faire). Voyant que cet espoir – le pain de deux cents journées de salaires – ne peut rien, notre ami Philippe sombre dans le désespoir.
👉 Combien de fois désirons-nous sauver le monde ?
👉 Combien de fois aurions-nous voulu que la faim soit éradiquée ?
👉 Combien de fois avons-nous rêvé d’un monde sans injustice ?
👉 Mais en même temps combien de fois le désespoir gagne du terrain, quand nous voyons les foules en souffrance avec nos pauvres deux cent deniers ?
Cette semaine nous pouvons offrir notre désespoir, tout en nous appuyant sur l’espérance, sur l’inattendu de Dieu. L’espérance que le Christ veut nous enseigner, ici, sort de tout calcul humain. Car l’espérance est au-delà de l’espoir. L’Espérance n’est pas ce sur quoi l’homme a prise mais bel et bien ce qui le surprend dans son humanité, le miracle. Tout humain est capable d’avoir de l’espoir mais l’espérance nous est donnée : Dieu seul peut nous faire espérer, c’est un acte de foi. C’est ce que le Christ va enseigner à Philippe et aux autres disciples : Espérer quand notre espoir misé sur l’avoir ne pèse plus dans la balance…
En cette semaine, n’ayons pas peur de dire aussi au Seigneur notre espoir face à la misère du monde ; n’ayons pas peur non plus de dire notre désespoir : « Il savait, quant à lui, ce qu’il allait faire ».
Le Christ ne nous laisse pas dans notre désespoir, il nous conduira loin, et bien plus, il nous fera voir ce qu’il est capable de faire.
Le verset 6 est révélateur de la véritable espérance. Dieu est surprise. Cette surprise ne s’effectue que lorsque nous lui présentons ce que nous sommes ou ne sommes pas ; et ce que nous avons ou n’avons pas, en toute simplicité. Nous ne pouvons partager en vérité avec l’autre, que ce que nous sommes, non pas d’abord ce que nous avons : Ici, Philippe a partagé avec le Christ son état désespéré face à la situation de la foule affamé…
Questions pour aller loin
👉 Comment l’indigence ou la souffrance de l’autre me concerne au nom de notre commune humanité et Fraternité ?
👉 Suis-je capable d’attendre le temps de Dieu face à la souffrance du monde ?
👉 Aujourd’hui entre l’espoir et l’espérance où est-ce que je me situe ?
Frère Délas Communauté du Chemin Neuf
[1] Jean 6, 3.

