Les effets vertueux du recyclage alimentaire et du partage

mai 2026

Des associations locales engagées dans une transition circulaire, sociétale et gourmande !

 

 

« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. » (Mt 14, 20)

J’ai déjà vécu cette multiplication des pains, fruit divin du partage et du non-gaspillage : c’était lors d’un rassemblement ignatien à Lourdes. Avec d’autres, nous étions chargés de distribuer à chaque petit groupe de pèlerins, pour leur pique-nique, de quoi partager l’apéritif, boisson et biscuits ; puis, au retour, nous avons rassemblé les « restes » et les avons redistribués…en abondance ! Ce jour-là, j’ai compris (car vécu personnellement) que le partage et le non-gaspillage ont un effet multiplicateur et non pas diviseur…

Ce partage je le vis dans l’association Solidarité-Emploi Midi-Pyrénées dont je suis souscriptrice depuis sa création à Toulouse, en 1986. Le but de cette association est de soutenir localement la création de petites entreprises économiquement viables et utiles socialement, ceci par un prêt d’honneur, sans intérêt, remboursable par le créateur. L’argent, prêté puis rendu, continue de circuler et sert plusieurs fois. Notre cagnotte vient de la souscription volontaire des adhérents qui marquent ainsi leur solidarité avec les personnes en recherche d’emploi, pour les aider à mieux se nourrir. Ne recevant aucune subvention, nous choisissons des projets qui s’orientent vers l’impact environnemental et avec des critères qui sont dans la droite ligne de l’encyclique « Laudato Si ».

 Le fruit d’une initiative d’économie circulaire, solidaire et gourmande !

Ainsi, depuis 2023, nous soutenons l’association BOCALENVERS[1] engagée pour une transition sociétale et gourmande ! (2)   . Elle organise l’accompagnement, l’encadrement technique et la formation de personnes en situation de précarité. Son objectif est de faciliter leur inclusion sociale et de rechercher les conditions d’une insertion professionnelle durable.

« Apporter notre pierre à l’édifice dans la transition climatique et sociale. Cesser de gaspiller les ressources naturelles. Œuvrer pour la solidarité. Se réapproprier le savoir-faire de nos aïeules, tisser du lien social, savourer des recettes surprenantes et régaler nos proches. Chaque bocal cuisiné limite le gaspillage de nos ressources, favorise l’économie locale et l’inclusion sociale. »

L’association transforme fruits et légumes invendus pour lutter contre le gaspillage alimentaire sur le territoire toulousain. L’association produit, depuis octobre 2022, des conserves antigaspi dans les cuisines professionnelles partagées du Petit Bouillon, ou de La Bouillonnante qui fédère plus de 70 structures.

Les conserves sont 100% végétales, avec des fruits et légumes abîmés, collectés auprès de Carrefour, La Banque Alimentaire ou issus de producteurs locaux (pour leurs produits déclassés). Cette activité de transformation apporte le savoir-faire de la conserverie artisanale. Concrètement on peut être bénévole à l’association, on peut les soutenir financièrement, on peut acheter leurs bocaux pour s’en régaler, pour les offrir…

Les surplus de production, légumes moches ou fruits déclassés… sont mis en conserve sous forme de sauces, compotes et autre chutneys et revendus en circuit court. Aujourd’hui, nous avons une trentaine de fournisseurs et donateurs, essentiellement des producteurs et la banque alimentaire, et plus d’une centaine de clients revendeurs. Les conserves distribuées (en épiceries locales et solidaires, dans des commerces de bouche (fromagers, épiciers), chez des cavistes, auprès de comités d’entreprises et dans une quarantaine d’hôtels) dans des bocaux identifiables par leur étiquette collée à l’envers : ce n’est pas uniquement pour attirer l’œil sur les rayonnages. « C’est en référence à l’envers du décor », car Bocalenvers accueille en moyenne trente personnes par an en situation de précarité ou de handicap complexe et fonctionne avec cinq à six salariés dont deux ou trois en insertion. L’association vend ses produits à proximité de Toulouse et dans les départements limitrophes. Deux agents commerciaux prospectent en Ariège et dans l’Aude.

Martine J

  1. Bocalenvers a un CA de 70.000 euros en 2024. L’association réinvestit tous ses bénéfices dans son développement, mais elle dépend aussi fortement des subventions. Soutenue à hauteur de 10.000 euros, dès sa création, par le fonds d’innovation sociale du Conseil département de Haute-Garonne, elle a de nouveau été mise à l’honneur en 2026 par le programme solidaire du TéFéCé, Toulouse Football Cœur.
  2. Cf article dans la rubrique Résonance  

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