Le sport un vecteur de valeurs au service de la fraternité

juin 2026

Vers la conscientisation du davantage

À la sortie du film « Indiana Jones les aventuriers de l’arche perdue »,  j’avais été choqué par la scène du marché du Caire. Un sabreur arabe défie Indiana Jones, fait une démonstration spectaculaire de sa capacité à user de son sabre en guise de salutation… puis Indy sort simplement son revolver et, à distance, le tue d’un coup. Cela signait pour moi la mise en avant de cette incapacité moderne, à comprendre ce en quoi consiste un duel.

Un duel demande respect de l’adversaire, du jeu et de soi-même. Fort logiquement, il commence par une salutation car s’y joue quelque chose de bien plus important que le résultat en lui-même. Si ce qui compte est le résultat plus que la manière, une déliquescence de la vie se produit : l’autre n’est plus qu’un objet et, par-là, moi aussi je deviens un objet. L’enjeu de toute existence humaine, en toute situation, est d’honorer la promesse de la vie en nous, vers laquelle nous ne pouvons tendre sans l’interaction avec l’autre.

Le sport transpose le combat, il est porteur de valeurs, notamment celles du respect envers l’adversaire (sport en face à face) ou le compétiteur (sport où le premier vis-à-vis est la nature que chacun affronte), du respect de la technique, du savoir-faire (le beau geste) et des règles (les règles demandent de faire ainsi et pas autrement, ainsi pas de passe en avant pour le rugby) et de soi-même (notamment en s’obligeant au respect de l’adversaire, des règles, bref à être un gentleman, un gentilhomme, à jouer « flair play »).

Respecter les rituels de commencement et de fin de partie importe au plus haut point même s’ils peuvent paraitre anecdotiques ou anachroniques (les poignées de main à la queue leu leu des équipes de foot). Saluer son adversaire avant et après la partie, ce n’est pas rien. La force symbolique des règles respectées continue à parler malgré tout. Assez souvent à la télé ou sur les réseaux sociaux, on voit des personnes qui aident leurs compétiteurs à finir la course pour les marathons, ou d’autres s’étant fortement opposées durant le jeu, se serrent la main, se donnent une accolade, esquissent un geste de réconciliation. Cela vient du cœur et touche le cœur du spectateur.

Le sport entraine chacun et tous au-delà du simple résultat vers la conscientisation du davantage que porte la vie en chacun, dans l’effort envers soi mais aussi dans le respect de l’autre. Apprécions sa profonde valeur humanisante.

Jean Luc Fabre SJ, Directeur National du Réseau de Prière du Pape France

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