Pour l’évangélisation des villes : Semaine 2

août 2026

Annoncer malgré tout

«PARCOURS BIBLIQUE : SEMAINE 2

« En août, prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. »

SEMAINE 2 : du 8 au 15  août 2026

Cette semaine, nous allons suivre Paul dans sa persévérance missionnaire : ni l’opposition ni l’incompréhension, ni même les épreuves ne l’ont arrêté dans son dynamisme missionnaire. Dans les Actes des Apôtres, on voit Paul toujours en mouvement, motivé par l’annonce de la Parole.

Dans le Chapitre 14 des Actes, après les premiers voyages missionnaires, Paul et Barnabas entrent dans une phase où annoncer de l’Évangile rencontre des difficultés.  Même si l’annonce de la Bonne Nouvelle, à Iconium, a suscité beaucoup de conversions, elle a aussi provoqué des tensions nourries par l’opposition menée par une partie de la ville. La mission de Paul apparait comme un lieu où conversion et tension cohabitent. Aujourd’hui encore tout homme pourra voir cet « Iconium » au-dedans de lui-même : la joie de vivre ce que demande l’Évangile et d’un autre côté ses propres résistances. Nous sommes peut-être la première terre qui a besoin d’une visite « de Paul »?

À Lystres, la situation change encore : Paul guérit un infirme, mais les foules interprètent l’événement de manière païenne et veulent leur offrir un culte (Ac 14,8-18). On voit ici que la mission ne consiste pas seulement à parler, mais aussi à discerner comment l’Évangile est reçu. Paul doit alors corriger, expliquer et ramener les gens du faux culte vers le Dieu vivant. Cette étape est essentielle pour comprendre son dynamisme : il sait annoncer, mais aussi rectifier les malentendus.

On voit ici que dans la vie missionnaire de Paul, il ne s’agit pas seulement de donner l’֤Évangile : il s’intéresse à tout ce qui fait l’existence de la vie des gens à qui il annonce la Bonne Nouvelle. Cette étape dans la vie missionnaire de Paul se veut encore actuelle aujourd’hui. Le Christ ne nous envoie pas seulement pour la partie spirituelle de la vie des hommes et des femmes de notre temps, mais il nous envoie aussi pour annoncer la Vérité à tout ce qui fait l’humanité des hommes et des femmes. Ce désir de l’annonce comme nous l’avons vu chez Paul peut rencontrer des rejets et des oppositions.

Ce qui est le plus remarquable chez Paul, c’est sa ténacité face aux obstacles. Il n’a pas abandonné malgré les refus, les contradictions et même les oppositions farouches. À Iconium, face à l’opposition grandissante il n’a pas cessé de proclamer l’Évangile avec assurance et le Seigneur ne l’a pas abandonné non plus : des signes et des prodiges accompagnaient sa prédication (Ac 14,3). À Lystres, Paul fut lapidé et laissé pour mort. Mais malgré cela, il poursuit sa route. Il continue l’annonce de l’Évangile. Il est important de souligner ce détail : le missionnaire, encore aujourd’hui, recevra des coups mais il recevra surtout la force de continuer à proclamer la Bonne Nouvelle.

Dans la mission, nous sommes comme Paul, invités à compter non pas sur nos propres forces mais sur le Seigneur qui nous envoie dans son champ missionnaire. Compter sur nos forces, limite assez vite ce que nous pouvons faire quand émergera l’opposition. La mission de Paul se caractérise par un courage bien incarné et ancré dans le réel. Le courage de Paul s’enracine dans la fidélité du Seigneur.

La force missionnaire de Paul qui trouve sa source dans la fidélité du Seigneur va le conduire malgré les menaces, à revenir sur ses pas. En effet, Paul revient sur ses pas pour affermir les communautés. À Derbé, puis à Lystres, Iconium et Antioche de Pisidie, il encourage les disciples à demeurer dans la foi : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu » (Ac 14,22). Cette phrase est capitale, car elle montre que Paul n’idéalise pas la vie chrétienne ; il prépare les croyants à la vérité du combat. Pour aller plus loin, il est capital de comprendre aussi que nous ne sommes pas envoyés en mission uniquement quand tout va bien. Nous sommes envoyés et appelés à rester même quand tout ne va pas comme nous l’aurions imaginé. J’admire beaucoup le courage des hommes et des femmes en mission dans des pays en guerre qui ont choisi de rester avec la population jusqu’au bout, sans choisir l’option départ : quel grand témoignage dans ce monde individualiste !

Le parcours paulinien de cette semaine, montre aussi que Paul se laisse conduire par le Saint-Esprit quand il faut poser des choix pour la mission. Ici nous évoquons le passage de Ac 15,36-41. A propos du différend entre Paul et Barnabas au sujet de Jean-Marc, Paul n’hésite pas à trancher : Jean-Marc ne continuera pas la route avec Paul, même si Barnabas était prêt à lui accorder une deuxième chance. On comprend avec Paul que la mission n’est pas sans discernement : elle impose des choix, parfois des tensions pour plus de vie.

Cela ne veut pas dire que l’annonce de l’Évangile se fait avec rigueur. On remarque chez Paul une grande liberté intérieure mais en même temps une exigence dans la manière dont il prend des décisions. Ainsi donc la mission demande du courage et du discernement. Nous pouvons nous arrêter sur ces deux mots : courage et discernement (comportant exigences variées).

 

Et nous pouvons résumer cette semaine en trois verbes :

  1. Persévérer (face au refus de la Parole)
  2. Être avec (accompagner les personnes dans le lieu de mission)
  3. Accepter (accepter que les épreuves soient inhérentes à la vie de mission)

 

Comme nous en avons l’habitude, quelques questions pour aller plus loin :

👉 Qu’est-ce qui te touche le plus dans la persévérance de Paul : son courage face au refus, ou son souci de fortifier les disciples ?

👉 La mission de Paul vise la fécondité et non pas le fruit immédiat ( il n’abandonne pas face au refus). Suis-je patient quand je remarque que l’annonce de l’Évangile n’avance pas comme je l’aurais souhaité ?

👉 Si oui suis-je capable de compter sur la fidélité du Seigneur dans la mission qui est la mienne aujourd’hui ?

Frère Délas Stanislas AGBOHOUTO, Communauté du Chemin Neuf

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