Pour l’évangélisation des villes : Semaine 3

août 2026

La flexibilité du missionnaire pour se faire tout à tous


PARCOURS BIBLIQUE : SEMAINE 3

« En août, prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. »

 

SEMAINE 3 : du 16 au 23  août 2026

Dans cette troisième semaine, nous observons Paul qui s’adapte aux différentes cultures dans lesquelles il apporte la Bonne Nouvelle. En effet, dans sa dynamique missionnaire, il s’avère important de mettre l’accent sur sa capacité à annoncer l’Évangile dans des contextes très différents, sans en altérer le contenu. À Athènes, Corinthe et Éphèse, il adapte sa manière de parler, de convaincre et de témoigner, tout en gardant le même centre : Jésus-Christ ressuscité.

Paul à Athènes fait face à une multiplicité d’idoles. Le texte majeur est Ac 17,16-34, Paul arrive dans une ville remplie de temples d’idoles, et il s’indigne devant cette situation (Ac 17,16). Malgré cette indignation, il ne tombe pas dans la condamnation mais cherche à entrer en dialogue avec les athéniens en partant de ce qui fait leur réalité : il observe, il écoute, puis il prend appui sur ce qu’il a vu pour annoncer le Dieu vivant. Lors de son discours à l’Aréopage, il cite même un élément de la culture grecque pour rejoindre ses interlocuteurs (Ac 17,22-28)[1].

Dans le dynamisme missionnaire, il est important de souligner ce détail : Paul sait « parler » le langage de ceux qu’il rencontre. Il ne sacrifie pas la vérité de l’Évangile, mais il cherche un chemin de convergence, de compréhension. Sa mission n’est pas fermée sur un milieu uniquement chrétien, il s’ouvre à l’universalité en s’adaptant même aux non croyants religieux réservé aux seuls chrétiens.

Dans ces conditions, l’annonce de l’Évangile peut s’avérer exigeante. En effet, à Athènes, Paul ne cherche pas seulement à plaire au monde hellénistique. Son discours, qui est adapté au langage grec au départ, conduit à l’annonce du Dieu créateur, au salut en Jésus-Christ (Ac 17,29-31). Le texte insiste sur le fait que certains prennent Paul en dérision, d’autres remettent (poliment) la discussion à plus tard, et quelques-uns se convertissent à la foi chrétienne (Ac 17,32-34). Cela rappelle que la mission n’obtient pas toujours une réponse immédiate ou massive : il faut entrer dans une perspective de fécondité en laissant le Seigneur agir au bon moment.

Paul ne mesure pas la réussite de sa mission au seul nombre de conversions visibles ni au nombre de refus. Son dynamisme consiste à semer la Parole avec liberté, même quand le terrain paraît peu favorable.

Quand Paul arrive à Corinthe, il a adopté une nouvelle stratégie dans sa manière d’annoncer la Bonne Nouvelle (Ac 18,1-11)  À Corinthe, Paul rencontre Aquilas et Priscille, travaille avec eux, puis enseigne dans la synagogue (Ac 18,1-4). La mission se déploie dans le quotidien : travail manuel, compagnonnage, annonce publique. Il annonce l’Évangile en s’insérant dans la vie ordinaire de la société corinthienne. Mais même dans cette ville, où il s’est lié d’amitié fraternelle avec d’autres, Paul rencontra des difficultés.

Quand l’opposition se durcit, il se tourne davantage vers les païens et demeure de longs mois dans la ville (Ac 18,5-11). Le Seigneur lui dit alors : « Je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal » (Ac 18,9-10). Cette parole est décisive : le missionnaire avance porté par la présence de Dieu, non par ses seules forces.

L’apôtre en s’appuyant sur le Seigneur, appelle et forme d’autres disciples à Ephèse, après Corinthe. Le texte de Ac 19,1-10,  précise que Paul rencontre des disciples, les conduit à une compréhension approfondie de la foi et enseigne dans la synagogue, puis dans l’école de Tyrannus. Dans son dynamisme missionnaire, Paul se présente comme formateur et pas seulement comme un annonceur. Il ne se contente pas de faire « la première évangélisation », mais avec les nouveaux disciples, il va loin en approfondissant, en clarifiant et en les accompagnant, etc.

Les effets de cette formation ne sont plus à démontrer. En effet, cette formation du disciple a permis une diffusion rapide de la Parole, où la puissance de l’Évangile se fait reconnaître. Paul est ici un missionnaire pédagogue. Il ne s’arrête pas à la transmission de la Parole ; il accompagne, fait grandir et prépare une communauté capable d’autonomie.

Cette semaine nous pouvons garder cette image de Paul, missionnaire pédagogue. Nous sommes envoyés vers des personnes pour leur apporter la Parole. Mais nous sommes appelés à faire plus : faire grandir ces personnes et nous assurer que le cadre de l’accompagnement est propice à leur croissance. N’est-ce pas ce que Jésus a fait avec ses disciples ? Il les appela pour qu’ils vivent avec lui une sorte de compagnonnage, durant lequel ils vont acquérir une connaissance intérieure et approfondie de sa personne[2].

 

Nous pouvons résumer cette semaine par 3 verbes :

  1. Écouter : en allant à la rencontre de l’autre, donnons-lui la place et le temps de se dire (écoutons avant de parler, recevons avant de chercher à donner)
  2. Adapter : nous avons vu combien il est important pour Paul d’adapter son langage à la réalité athénienne. Cette adaptation de langage ne doit pas changer ce qui fait le fondement de la foi chrétienne que nous proclamons.
  3. Patienter : accepter que les résultats ne soient pas toujours immédiats. Accepter que la fécondité se déploie dans le temps. Cela exige un accompagnement, une formation mais aussi un lâcher-prise en comptant sur la fidélité du Seigneur.

Paul n’est pas un prédicateur uniforme : sa mission est multicolore et multiforme. Il vit sa mission avec une flexibilité en comptant sur la fidélité de Celui qui l’envoie en mission. En effet, il sait parler le langage des philosophes, transmettre la foi aux artisans, réconforter les chrétiens, etc. Son dynamisme missionnaire tient beaucoup à cette liberté intérieure qui lui permet de rejoindre chacun là où il est : il a su se faire tout à tous.

 

Questions pour aller plus loin :

👉 Qu’est-ce que l’attitude de Paul à Athènes me dit sur le dialogue entre foi et culture dans mon aujourd’hui ?

👉 Comme Paul à Éphèse suis-je patient en mission ? Sinon de quelle grâce ai-je besoin pour attendre le Seigneur agir selon son bon vouloir, sans faire les choses à sa place ?

👉 Plus concrètement, dans quel lieu précis ou dans quelle situation précise et concrète, le parcours de cette semaine m’invite-t-il à annoncer la foi avec discernement ?

 

Frère Délas Stanislas AGBOHOUTO, Communauté du Chemin Neuf

[1] Référence aux poètes Grecs au verset 28
[2] Marc 3, 14

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