Pour l’évangélisation des villes : Semaine 4

août 2026

Paul, Témoin jusqu’au bout

PARCOURS BIBLIQUE : SEMAINE 4

« En août, prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. »

SEMAINE 4 : du 24 au 31  août 2026

Durant cette quatrième semaine, nous suivons Paul dans le dernier grand mouvement du livre des Actes des apôtres : voyage à Jérusalem, l’emprisonnement, les comparutions et le voyage vers Rome. Ce qui est central dans cette dernière partie du dynamisme. Durant cette quatrième semaine, nous suivons Paul dans le dernier grand élan missionnaire de Paul, c’est le sens du témoignage au sens fort. Paul reste fidèle à la foi contre vents et marées.

Luc construit, dans cette dernière partie, un ensemble très cohérent : Paul sait qu’il va vers une épreuve annoncée par l’Esprit, mais il ne se dérobe pas. Paul connaîtra un mouvement géographique important :  de Milet à Jérusalem, puis de Jérusalem à Césarée et enfin à Rome.

Dans cette dernière semaine, le dynamisme missionnaire ne se mesure plus à la fondation de communautés nouvelles, mais à la capacité de tenir dans l’adversité, capacité à fixer son regard sur le Christ en lui rendant témoignage jusqu’au bout. L’arrestation de Paul ne freine pas son élan missionnaire.

Dans la catégorise de témoignage, Paul tient un discours testament, un discours d’adieu aux anciens d’Éphèse en Ac 20,17-38 . Ce discours est fondamental car Paul y relit sa mission passée : il rappelle son service dans l’humilité, ses larmes, ses épreuves, sa fidélité à l’enseignement public et domestique, et son souci de n’avoir convoité ni argent ni vêtements (Ac 20,18-21 ; 20,33-35).  Ce discours est tellement important car il n’est pas seulement un bilan personnel du parcours missionnaire de l’apôtre mais son testament apostolique.

A la fin de ces quatre semaines, nous pouvons relire notre parcours missionnaire à la suite du Christ. Continuer à rendre grâce avec le Christ qui nous a appelé à sa mission. Il ne s’agit pas de ne pas voir notre réalité en face. Non ! En toute humilité, il nous faut rendre grâce pour ce qui dans notre vie de chrétien est digne de louange et ce qui a besoin encore de la grâce fidèle du Christ.

Un passage très important est Ac 20,24  , où Paul affirme ceci : « Je n’attache pas d’importance à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus ». La mission de Paul ne se définit pas par l’efficacité visible de l’apôtre, mais par l’achèvement fidèle d’une tâche reçue : il court vers l’accomplissement du mandat confié par le Christ. Aujourd’hui encore nous sommes conviés à courir vers ce qui fait de nous des athlètes sur le terrain de la mission. Cette dimension dans la mission de Paul est très actuelle aujourd’hui. Il ne s’agit pas de tomber dans une sorte d’activisme plein de volontarisme. Paul nous invite ici à nous tendre vers l’essentiel dans notre mission.

La semaine dernière, nous parlions de discernement dans la mission. Ici tendre vers le but doit passer par le discernement qui nous évitera toute sorte d’éparpillement et de gaspillage d’énergie, en cherchant à faire l’œuvre pour Dieu et non pas l’œuvre de Dieu. Faire l’œuvre de Dieu c’est savoir aussi s’effacer en préparant l’avenir de la communauté. La mission de Paul s’ouvre sur une ecclésiologie du soin, de la vigilance et de la transmission. Le témoin n’est pas seulement celui qui part, mais celui qui prépare l’après.

En Ac 21,1-14, nous voyons un apôtre intrépide : rien ne peut l’arrêter. Entre les avertissements répétés, l’exhortation des disciples ( ne pas monter à Jérusalem), la prophétie d’Agabus[1], Paul ne s’arrête guère : il continue sa route missionnaire. Il reste ferme. Il ne faut pas comprendre cette fermeté de Paul comme un entêtement psychologique mais d’un choix fidèle, posé dans un cadre de discernement. Paul sait que la souffrance annoncée fait partie de sa vocation[2].

Ac 21,13 donne sens à la parole de Ac 9. En effet, le passage de Ac 21 résume de manière admirable la résolution de Paul : « Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus ». L’expression montre que le martyre n’est pas recherché pour lui-même ; il est accepté comme conséquence possible de l’obéissance. Notons que Luc ne présente pas Paul comme imprudent, mais comme libre intérieurement.

La mission n’est pas annulée par la menace ; elle y trouve au contraire sa vérité ultime. Le dynamisme missionnaire de Paul trouve tout sens dans la liberté intérieure qui ne se remet pas en cause ni ne fuit devant les menaces. Les menaces et même la mort deviennent des raisons qui poussent le missionnaire libre, Paul, à aller de l’avant dans l’annonce de l’Evangile.

Petit à petit, les menaces se matérialisent. A partir de Ac 21,27, Paul entre dans une longue série de comparutions : devant la foule, devant le Sanhédrin, devant le gouverneur Félix, puis Festus et Agrippa. Ici, le motif du testimonium devient central. Paul ne se contente pas de se défendre : il rend compte de sa vocation et de la résurrection du Christ.

Devant le Sanhédrin, l’opposition se cristallise autour de l’espérance de la résurrection (Ac 23,6-10). Paul ne cherche pas à éviter le conflit doctrinal : il assume pleinement le point décisif de la foi chrétienne. Devant Agrippa, son discours atteint un sommet apologétique et missionnaire. Il raconte sa conversion, son appel, sa mission auprès des nations, et affirme qu’il ne dit rien d’autre que ce que les prophètes et Moïse ont annoncé (Ac 26,22-23). Le centre reste toujours le Christ mort et ressuscité.

Ce qui est frappant ici, c’est la continuité entre mission et défense judiciaire. Paul parle comme évangélisateur alors même qu’il est mis en accusation. Luc montre ainsi que la parole chrétienne n’est jamais purement défensive : elle demeure proclamation. Le procès devient lieu de révélation. Paul n’a donc pas cessé de rendre témoignage même dans les chaines. Même quand il est privé de sa liberté extérieure, il continue de proclamer la Parole car rien ne peut lui enlever sa liberté intérieure. Nous sommes nous aussi dans un monde qui nous conditionne, qui nous impose le silence. Mais comme Paul nous sommes invités à donner le témoignage. Sans chercher à tomber sans un prosélytisme béat, nous pouvons par notre vie rendre témoignage car le Christ nous a acquis la vraie liberté : libres intérieurement pour mieux annoncer extérieurement.

Les deux derniers chapitres des Actes déplacent encore la question du dynamisme missionnaire chez Paul. Dans ces deux chapitres Paul va connaitre le voyage maritime, la tempête, le naufrage et l’arrivée à Rome qui ne sont pas de simples épisodes dramatiques ; ils sont bien signifiants. Paul apparaît comme un homme guidé, par la main de Dieu, au milieu du chaos, capable d’encourager les autres, de discerner les signes et de maintenir l’espérance. Il ne commande pas le navire, mais il demeure celui qui porte la parole de salut au milieu des hommes en danger. Il est ici le missionnaire qui réconforte dans le danger. Il donne de l’espérance dans le désespoir et la désespérance. Cela nous permet de nous encourager mutuellement à voir aussi comment nous pouvons dire des paroles de bénédiction et de réconfort dans notre monde d’aujourd’hui. Nous sommes dans un monde dont le quotidien est chaotique. Il nous incombe, chrétiens, de donner une parole de réconfort. Sachant que nous ne pouvons pas donner autre que ce que nous avons reçu, n’ayons pas peur de nous ressourcer auprès du Christ.

Le parcours de cette semaine montre que le dynamisme missionnaire de Paul culmine dans la fidélité souffrante. La mission n’est pas réduite à l’expansion géographique ; elle devient fidélité au Christ dans les contradictions de l’histoire. Paul ne court pas vers une réussite visible, mais vers l’accomplissement d’une vocation reçue. Sa force tient à l’union entre annonce, souffrance et confiance. C’est ainsi que sa mission devient témoignage rendu au Christ Jésus.

 

On peut donc lire cette semaine autour de trois axes :

  1. La mission comme course
  2. Le témoignage comme parole de vie donnée dans l’épreuve
  3. L’Église comme troupeau confié à la vigilance des pasteurs dont ils prennent soin

 

Pour aller plus loin cette semaine, voici quelques questions :

👉 Comment comprendre le lien entre l’obéissance à l’Esprit et l’acceptation des « chaînes » dans ma vie de missionnaire aujourd’hui ?

👉 Que révèle Ac 28,30-31 sur la liberté de la Parole malgré l’emprisonnement ?

 

  Frère Délas Stanislas AGBOHOUTO, Communauté du Chemin Neuf

[1] Actes 21, 10-11
[2] Actes 9, 16

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