Ce cri de la nature qui nous alerte

septembre 2026

 

Dieu nous parle à travers sa création

Pour peu que nous soyons attentifs aux signes qui nous entourent, nous apprenons beaucoup de la nature, de ce qu’elle nous dit, de ce que l’on peut découvrir des paroles que le Créateur nous adresse.

Être attentif à ces signes est plus ou moins naturel pour les uns ou pour les autres. Nos sensibilités sont différentes, nos sens sont plus ou moins développés (vue, ouïe, odorat, goût et toucher). Parfois nous usons de cette écoute sans nous en rendre compte : parce que tel vent se lève, parce que tels nuages ont fait leur apparition dans le ciel, parce que tel son se fait entendre… Nous devinons alors le changement de temps qui se prépare. Ce n’est pas la radio ni la télé qui nous en informe, seulement notre attention à ces fameux signes qui nous entourent. Nous pouvons chacun développer ces temps d’attention.

Dans mon métier d’hydrogéologue, celui qui accompagnait mes premiers pas me conseillait de noter sur un carnet ce que je pouvais observer et ressentir sur le terrain : des traces de montée des eaux, des traces informant que l’eau s’était troublée, des odeurs inhabituelles, des changements modifiant les écoulements, les infiltrations, etc. Je trouvais là des informations complémentaires aux instrumentations de mesure dont je disposais. Au-delà de l’intérêt professionnel dans ce que la nature pouvait m’apporter dans l’analyse de mes résultats, j’apprenais à me mettre à son écoute. Ceci a sans doute était un élément important dans mon cheminement vers le diaconat permanent, usant de cette écoute de la création pour rechercher des réponses aux nombreuses questions de mon discernement.

Après des années d’observation des sources, rivières et autres milieux naturels, ces messages de la nature mis bout à bout se mettent à raconter une histoire : des périodes estivales sèches de plus en plus précoces et qui s’allongent ; des débits de rivières et des nappes qui s’affaiblissent de plus en plus en été ; des températures de l’eau qui progressent lentement mais sûrement, impactant la faune et la flore aquatique ; des micro-plastiques et éléments chimiques indésirables, résultant de nos activités et usages, qui se font de plus en plus présents et impactant nos santés ; etc. Si les années se suivent et ne se ressemblent pas toutes, globalement la dynamique est bien là dans ma région, vers une ressource qui s’amenuise en été et qui se réchauffe, vers des eaux polluées qui rend plus complexe encore sa disponibilité. Ce sont aussi les conflits qui se multiplient. Ce n’est pas la radio ni la télé qui nous en informe, seulement le cri de la nature qui se fait entendre et qui nous alerte, comme un message du créateur qui nous rappelle combien nous sommes intimement liés et dépendant de notre environnement.

De-ci de-là des hommes et des femmes sont attentifs à ces cris. Ils trouvent des solutions pour préserver cette ressource indispensable, pour favoriser le dialogue et concilier les usages. Ils sont eux aussi comme des signes qui nous sont donnés, signes à travers lesquels Dieu nous délivre un message d’espérance.

Patrick, diacre, hydrogéologue

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