Etre accueilli

août 2026


Ce mot « BIENVENUE » qui m’accueille chaque dimanche …

À son entrée au collège, ma fille a demandé à recevoir le baptême. Je l’ai accompagnée sur ce chemin avec un profond respect pour son choix, mais aussi une grande méconnaissance du catholicisme. Lors de sa préparation à ce sacrement, des temps étaient proposés aux parents afin de les associer au parcours de leurs enfants. C’est ainsi que, quelques mois plus tard, nous avons franchi les marches de l’église Sainte Blandine, au cœur de Lyon, bien que nous habitions une ville limitrophe. La responsable de la pastorale du collège, à qui j’avais confié mes craintes, avait su les apaiser en nous orientant vers cette paroisse.

Avec le recul, je réalise que mon propre chemin vers la foi a commencé sur ce parvis. Nous traverserons les lettres du mot « BIENVENUE », qui y sont installées avant chaque messe, impressionnantes de par leur taille, et par le message qu’elles donnaient, un lieu ouvert à tous. Nous avons gravi quelques marches, de chaque côté, des paroissiens formaient une haie d’accueil avant le début de la messe. Ce sera, sept ans plus tard, alors que ma vie ressemblait extérieurement à un doux rêve mais intérieurement à un champ de bataille, que j’ai franchi, seule, les portes de cette paroisse.

Je suis d’abord restée en retrait : une première messe debout, la suivante assise près de la porte. Puis, dimanche après dimanche, je me suis avancée. Les homélies résonnaient en moi. Je me suis surprise à lever les bras, à connaître les chants de louange sans lire les paroles, à échanger la paix du Christ avec des personnes inconnues qui, pourtant, ne me semblaient déjà plus étrangères. Un profond sentiment d’appartenance grandissait. Cette foi est la mienne, je chemine sans chercher à convaincre mes proches car c’est un appel qui m’a conduite à demander le baptême. Pendant cette année de catéchuménat, j’ai traversé de multiples émotions, dont celles que je fuyais depuis tant d’années.

Après un premier échange téléphonique puis une rencontre avec un couple accompagnateur, c’est lors de la première assemblée catéchuménale, qu’une personne est venue à ma rencontre me voyant seule; présent au quotidien depuis, il est devenu un frère en Christ pour moi. Je n’ai plus jamais ressenti la solitude depuis ce jour, le Seigneur était en moi, on m’a aidé à l’écouter. Cet accompagnement individuel par une paroissienne, est venu compléter les rencontres en groupe ; c’est avec patience et bienveillance qu’elle m’accueillait chez elle 2 fois par mois, m’aidant à avancer sur le chemin de la découverte de Dieu, de la foi et de l’Église.

Laissant place à une nouvelle Virginie*, profondément alignée, ma foi s’est fortifiée et c’est entourée et soutenue que j’ai pu traverser des étapes clefs de ma vie, en vérité. J’ai découvert une paix intérieure, retrouvé une liberté de penser, de choisir et d’agir perdue, appris à accueillir la vie sans colère. Mon amour de Dieu a grandi chaque jour et a répondu à cette question qui m’habitait depuis l’enfance : à qui parlais-je depuis toute petite ? Cette renaissance a gravé au plus profond de mon âme un mot : Vivre.

Aujourd’hui encore, le mot « BIENVENUE » m’accueille chaque dimanche. Et lors des messes du mardi, même sans ce mot d’accueil sur le parvis, il demeure présent dans un sourire, un bonjour, un regard, une attention, …nous sommes une Famille. En chantant le Notre Père à l’unisson, main dans la main avec toute l’assemblée, la force de notre communion : un seul cœur, une seule voix tournée vers Dieu, personne ne reste seul dans notre paroisse. Ma vie, comme celle de mes enfants, a été transformée ; notre ligne de conduite est désormais l’amour et la liberté, qui conduisent à une joie immense. C’est auprès du Seigneur, entre les épreuves de la vie et l’espérance qui nous habite, que nous puisons chaque jour la force d’avancer par la prière.

Virginie

* prénom modifié
Image @LyonCentre

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