Le grand passage

À Colette notre chère maman,                                                                              

Aux côtés des malades en fin de vie
Une présence sincère suffit,
Dans une attention absolue
Cette âme de tendresse revêtue,
Sera là pour vider le calice de leur chagrin,
Et les aider à remonter le cours de leur vie
Comme l’eau de la rivière,
Avant qu’elle ne retrouve la mer,
En évoquant leurs printemps, leurs étés,
Elle naviguera avec eux vers l’écluse du grand passage,
Pour les aider à regagner l’autre rivage,
Celui où toute peine sera dissoute,
Et repue d’amour, elle lavera le ciel
De tous leurs doutes.

Mari, frère, sœur, enfant, soignant,
Tous les aidants, les passeurs d’âmes,
Avec en point de mire les océans de ton pardon,
Se donnent rendez-vous à l’heure fixée par Dieu,
Sur le ponton du dernier voyage,
Où les êtres chers viendront les chercher,
Car nul de tes enfants ne fait naufrage,
Chaque être est appelé à ressusciter.

Pascale Anglès