L’engagement souverain du roi Baudouin pour protéger la vie humaine
juillet 2026
Baudouin souverain belge
La protection de la vie tenait à cœur à Baudouin Ier, Roi des Belges (1930-1993). Un livre récent[1] fait connaître à partir de ses carnets personnels la manière dont il a vécu les événements du siècle qu’il a traversé. Il concevait sa charge royale, ainsi que celle de la reine Fabiola, comme un service de tous les habitants du Royaume, y compris donc des plus démunis ; et il a tendu l’oreille aux personnes éprouvées par des malheurs de toutes sortes.
Cette préoccupation l’a conduit à poser un geste courageux lorsqu’en 1990, la Chambre et le Sénat de Belgique ont voté un projet de Loi relatif à la dépénalisation partielle de l’avortement. Le Roi est à la fois le troisième acteur du pouvoir législatif, appelé à “sanctionner” les lois votées par les chambres, et le chef de l’État, qui “promulgue” les lois. Allait-il le faire? ― “Jésus avec Marie, je dépose dans ton cœur tous mes soucis du Pays et des personnes” (p. 566).
Sa conscience l’empêchait de signer. Quelles conséquences ce refus allait-il entraîner? Une polémique, une division du pays, une crise institutionnelle, un ébranlement de la monarchie? Baudouin aurait préféré se retirer de l’exercice du pouvoir plutôt que de participer à la mise en place d’une loi qui allait retirer sa protection aux enfants à naître. Des conseils lui ont été donnés en sens inverse: signer la loi et faire savoir par une lettre qu’il n’était pas d’accord avec son contenu ; considérer son rôle comme simplement “notarial”, consistant à entériner le consensus législatif que les chambres exprimaient au nom de la nation à tel moment. Or, Baudouin ne voulait pas contribuer à une loi injuste et violente. Sa conscience l’empêchait de céder. Il l’a fait savoir au Premier ministre Martens, dont le cabinet eut l’idée de recourir à l’impossibilité de régner.
Pendant un jour et demi, le Roi allait être mis à l’écart; le gouvernement allait constater son impossibilité de régner, sanctionner et promulguer la loi à sa place, puis convoquer les chambres pour qu’elles constatent la fin de l’impossibilité de régner. En refusant de signer cette loi, Baudouin s’est situé au plan des droits fondamentaux, il a posé un geste souverain. Il s’est impliqué personnellement dans l’exercice de son pouvoir, qu’il considérait comme plus que simplement formel. Son devoir était de faire le maximum pour défendre la vie des plus faibles, ici : des enfants à naître. Il a pris ses responsabilités en suivant ses convictions. Et cette décision prise en conscience a porté du fruit.
Par exemple, peu après avril 1990, Jeanine a subi une pression pour avorter, on lui a dit que désormais c’était légal, mais Jeanine s’est souvenu que cette loi n’avait pas plu au Roi Baudouin, et en conséquence elle a refusé d’avorter. Baudouin est un modèle de droiture dans le combat pour la vie. Son engagement nous interpelle : luttons-nous bec et ongles pour défendre et protéger la vie autour de nous?
Thierry Monfils, s.j.
[1] Vincent Dujardin, Baudouin. Un roi face aux crises de son temps, Paris, Mame, 2026, 877 pp.
Image : @DR

