Pour une alimentation pour tous : Semaine 4
mai 2026

PARCOURS BIBLIQUE : SEMAINE 4
« En mai, nous prions pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. »
Dans la foi, tout donner
Le partage multiplie
SEMAINE 4 : du 25 au 31 mai 2026
Jean 6, 10-13
10 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
12 Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »
13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
Commençons par voir cette foule qui avait déjà vu Jésus à l’œuvre. Peut-être qu’ils ont encore en mémoire la guérison du paralytique (Jean 5, 1-18). Ils n’ont pas encore expérimenté dans leur chair le miracle. Cette foule s’engage avec le Christ : ils s’asseyent sur l’herbe.
En commentant ce verset, Théodore de Mopsueste écrit :
L’herbe était abondante à cet endroit : cela signifie que le lieu où ils étaient assis était agréable et qu’il faisait beau. […] Auparavant, il avait également fait allusion à cette saison en disant : Pâque était proche.[1]
Voilà. Pâque était proche, la rédemption était proche. Il y a une collaboration de la foule pour faire advenir ce miracle de la rédemption. Elle a compris que le Christ qui a guéri un paralytique est capable de répondre à son besoin du moment. Mais ce que la foule ignore c’est le petit don d’un « sans nom » qui sera le DON en surabondance : la Pâque de la foule advient par un petit OUI, OUI d’un inconnu ; ton oui et le mien.
Le Christ n’a pas fait de longue prière mais le peu qu’on lui a donné il l’a pris pour rendre grâce à Dieu et cette action de grâce sera la réponse à la faim de la multitude.
Plus d’un me diront : « Mais comment nourrir aujourd’hui toutes celles et tous ceux qui sont dans le besoin ? Comment est-ce possible ? Nous ne sommes ni le Père qui a exaucé le Christ ni le Christ lui-même ? » Je dirai volontiers que nous pouvons être l’un des disciples et surtout nous sommes chacun de nous ce petit « garçon ».
Le partage de ce jeune homme a nourri un peuple. Le partage multiplie.
Peut-être qu’une image, celle de Notre-Dame de Toute Grâce, peut nous aider à mieux appréhender cela. Elle est dite Notre-Dame de toute grâce, mais en même temps elle a les mains vides. Cette représentation de la madone peut nous aider à mieux voir en quoi le don ne nous appauvrit pas : elle reçoit et en même temps, elle donne tout. Elle a reçu le vrai pain de vie en son sein, et elle l’a donné à la multitude, elle t’a donné son Fils.
Oui le partage multiplie. Partager c’est donner de sa bénédiction à d’autres. Pendant ces temps de guerre et de famine, nous pouvons comme Marie, Comme ce garçon sans nom, partager notre pain : pas seulement le pain spirituel. Quand la veuve de Sarepta a partagé son pain avec le prophète en temps de famine, elle a ouvert la porte à une multiplication, à une abondance[2] : Dieu n’oublie pas celui qui donne pour que le monde vive.
La multiplication des pains, aujourd’hui, adviendra seulement si nous osons poser cet acte, si nous osons donner sans savoir ce qu’il en sera. Dans notre monde marqué par la faim, nous autres, croyants, ne pouvons plus faire comme si de rien n’était, mais nous devons imiter le Christ.
Osons le don dans la foi. Il ne s’agit pas seulement de donner, mais d’accompagner ce don de l’action de grâce. Le don que fait le chrétien a quelque chose de plus que l’aide humanitaire. L’aide humanitaire peut se faire à partir du superflu mais le don du chrétien est, et reste, un acte de foi et de charité. Le chrétien donne en rendant grâce, car il se reconnait intendant de ce que Dieu lui a donné.
Le Christ a reçu les cinq pains et les deux poissons et il l’offre à son Père, afin qu’en recevant ce don, le Père en offre à la multitude.
Cette semaine Je voudrais t’inviter à agir en intendant et non comme propriétaire de tes cinq pains et deux poissons : Donne et le Christ fera le reste !
👉 Qu’est-ce qui m’empêche de donner sans compter ? Suis-je capable de donner sans compter ?
👉 Suis-je prêt.e à coopérer à un changement, à un miracle du don que Dieu veut opérer autour de moi ?
👉 Concrètement, en regardant en moi-même, qu’ai-je de trop ? Qu’est-ce qui m’encombre ? Suis-je prêt.e à le partager pour que d’autres en bénéficient ?
Frère Délas Stanislas AGBOHOUTO, Communauté du Chemin Neuf
[1] Théodore de Mopsueste, Commentaire sur l’Évangile de Jean 3, 6, 10
[2] 1 Rois 17, 8-16
