S’ouvrir à toutes les différences : une vocation commune
octobre 2026
S’ouvrir à toutes les différences
Qu’elle soit corporelle, mentale ou spirituelle, la maladie éprouve l’individu tout en impactant la communauté entière. La quête de guérison exige en retour une participation commune de la personne et du collectif. Pour le comprendre, souvenons-nous de la gestion de la crise du COVID-19, où les arbitrages politiques des États ont directement scellé le sort des citoyens. La stratégie d’élimination de la Chine s’est révélée très efficace pour la santé physique, tandis que les politiques d’atténuation par le confinement en France ou en Italie ont produit des résultats mitigés. De son côté, la responsabilisation sans confinement de la Suède a généré un bilan insatisfaisant et la gestion décentralisée des États-Unis a conduit à un coût sanitaire extrêmement lourd. Il en va exactement de même pour la santé mentale : le regard et les choix d’une société déterminent profondément le destin des personnes concernées et de leurs proches.
En Europe, notre rapport collectif à la souffrance psychique a fortement évolué selon les époques, preuve qu’aucun modèle n’est immuable. Au Moyen-Âge, le « fou » conservait une place authentique au cœur de la cité. Au XIXe siècle, dans un élan de rationalisation rigide, les hôpitaux psychiatriques ont émergé, faisant le choix d’isoler la détresse derrière des murs et de priver les malades de leurs droits civiques. Puis, à la fin des années 1970, des pays comme l’Italie ont brisé ce modèle asilaire pour réintégrer les patients au sein de structures communautaires ouvertes.
Pour le bien-être des personnes touchées, de leurs proches, de la communauté chrétienne et de la société, il devient urgent de retrouver l’intuition évangélique portée par Jésus. Le Christ ne catalogue jamais ; il accueille chaque personne, l’interpelle et chemine à ses côtés, à partir de là où elle en est. En Église, nous sommes appelés à incarner ce compagnonnage par des attitudes simples : prendre le temps de nous rassembler, nous reconnaître mutuellement et permettre à chacun de s’exprimer pour s’accorder. C’est de ce vécu partagé que surgit, pas à pas, une authentique dynamique de fraternité, voire de guérison. Une telle existence partagée nous ouvre à l’altérité dans toutes ses dimensions et nous fait goûter, dès à présent, à la promesse du Royaume des cieux.
Dès lors, pourquoi ne pas aller à la rencontre de notre curé et de l’Équipe d’Animation Pastorale de notre paroisse pour les inviter à encourager une vie communautaire plus solidaire et plus inclusive ? Nos communautés sont appelées à s’ouvrir à toutes les différences, y compris celle de la santé mentale et à mettre en commun leurs fragilités pour recevoir, ensemble, le souffle de vie de l’Esprit. Telle est notre vocation commune.
Jean Luc Fabre s.j, Directeur National du Réseau Mondial de Prière du Pape France.

